Salut, les chanteurs!
Pasteur G.- Favez aumônier de prison - 13 mai 2001.

Entre Villeneuve et Yvorne, on chantera beaucoup pendant ces jours-ci. Concours et concert vont rassembler les amoureux de l'art choral à l'occasion de la 45e Fête cantonale de chant. Voilà qui tombe bien, puisque au calendrier de 1'Eglise, le présent dimanche s'appelle «Cantate». Chantez !

Salut à vous, les basses tout d'abord (je suis des vôtres)! Des esprits mal intentionnés prétendent que les basses écrasent le chant, que ce sont des voix lourdes, trop bruyantes. On s'est même fait traiter une fois de «gros nounours». Tout cela est évidemment faux. Une chorale sans les basses n'existerait tout simplement pas. C'est eux qui apportent la sauce indispensable au chant.

Quant aux ténors, qui a dit qu'on n'entend pas assez les deuxièmes, et que les premiers ne montent pas assez haut ? De nouveau il n'y a rien de vrai dans ces accusations. Si les assurent la sauce, les ténors sont le piment de la chorale. Salut à vous, les ténors!

N'oublions pas les dames ! Et les altos, pour commencer. Là encore, on a proféré des tas de méchancetés: qu'elles avaient tendance à bavarder trop, qu'elles n'étaient pas à leur affaire. N'en croyez pas un traître mot ! Les altos, c'est la consolation des directeurs, c'est le registre qui ne pose pas de problème. Alors salut à vous les altos !

Après la sauce les épices, il reste à évoquer le dessert. Je veux parler des sopranos. Les mauvaises langues racontent qu'on prend place parmi les sopranos quant on ne se sent pas capable de chanter les voix d'accompagnement. D'autres ont insinué que les sopranos n'avaient pas toutes des voix assez aigue. Quelle impudence! Quel manque de galanterie dans ces propos ! Qui a encore le droit d'ignorer que les sopranos ont la tâche la plus difficile, et que sur leur frêles épaules repose l'essentiel de la réussite chorale ? Il faut du souffle pour être soprano. Alors salut à vous, les sopranos !

Mais je me garderai bien d'oublier les directeurs. Quand ça va mal, c'est évidemment leur faute («le directeur ne nous a pas donné le départ...»), et quand on ramasse des lauriers à la Fête cantonale, c'est parce qu'on a bien chanté. Tout cela est bien sûr sans fondement. La preuve, c'est que des dizaines de mirettes (féminimes) les admirent, ces vaillants directeurs ! D'allleurs, il ne sont pas si malheureux. J'en ai connu qui n'ont jamais à rentrer tout de mite à la maison après les répétitions. Salut à vous, les directeurs !

Que ce soit entre Villeneuve et Yvorne, ou n'irnpoite où ailleurs dans ce pays, comme le disait l'apôtre aux Colossiens: «Chantez à Dieu de tout votre coeur et avec reconnaissance des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés par l'Esprit.»